Pourquoi Emmanuel Macron n'aime pas le Dry January ?

Chaque année, des millions de personnes à travers le monde participent au Dry January, un défi iconique visant à ne pas consommer d'alcool pendant le mois de janvier.
Une démarche qui fait réfléchir sur ses habitudes tout en permettant une pause bienvenue à l’organisme après les excès des fêtes.
Mais en France, cette initiative est loin de faire l’unanimité. Si les citoyens peuvent y participer librement, le gouvernement, lui, reste volontairement à l’écart. Emmanuel Macron, en particulier, a marqué son opposition à cette campagne.
Pourquoi le président français se montre-t-il aussi réservé face à une initiative perçue comme bénéfique pour tous dans de nombreux pays ?

Une abstinence qui dérange la filière du vin 🍷
La France, pays du vin par excellence, accorde une place centrale à l’alcool, notamment à travers sa gastronomie et ses traditions culturelles.
Lorsqu’en 2019, une campagne officielle pour promouvoir le Dry January était envisagée sous l’égide de Santé publique France, le projet a été brusquement abandonné après une réunion entre Emmanuel Macron et des représentants de la filière viticole.
Selon plusieurs témoignages, Emmanuel Macron aurait préféré insister sur la "modération" toute l'année, plutôt que de promouvoir un mois d’abstinence.
Un choix qui illustre - s'il le fallait - l'importance symbolique et économique du vin en France, mais aussi une volonté d'éviter toute polémique auprès des professionnels de la filière, déjà en difficulté sur d'autres fronts (baisse de consommation, concurrence internationale, etc.).
Le poids et la puissance du lobby viticole ⚖️
La filière viticole représente une part essentielle de l'économie française, mais aussi un levier diplomatique, tant le vin est associé au rayonnement culturel du pays.
Promouvoir une campagne comme le Dry January aurait pu être interprété comme un affront à ce secteur emblématique, d'autant que certains producteurs voient déjà d'un mauvais œil les initiatives visant à limiter la consommation d'alcool.
Des représentants de la filière ont d’ailleurs exprimé leurs craintes qu’un mois sans alcool n'envoie un signal négatif, tant en France qu'à l'étranger.
Emmanuel Macron, lui-même amateur de vin, aurait déclaré préférer "un verre par jour, mais un bon verre", selon une formule qui a marqué les esprits. Une manière d’insister sur une consommation raisonnée sans promouvoir l’abstinence.
Une initiative toujours plébiscitée, mais sans soutien officiel 🐓
Contrairement à ce que certains imaginent, le Dry January n’est pas interdit en France.
De nombreuses associations, comme la Ligue contre le Cancer (ou Addictions France), soutiennent activement ce mouvement et encouragent les Français à réfléchir à leur consommation.
Mais sans campagne officielle ni soutien de l’État, le Dry January en France manque de moyens, de reconnaissance et de visibilité.
En comparaison, des pays comme le Royaume-Uni soutiennent officiellement cette initiative, et la rendent accessible et largement relayée. Les résultats parlent d’eux-mêmes : une meilleure santé publique, une réduction des consommations excessives et une sensibilisation accrue aux risques liés à l'alcool.
L’absence de soutien gouvernemental pour le Dry January soulève des interrogations. Peut-on réellement promouvoir une consommation modérée si l’on n’ouvre pas le débat sur la place de l’alcool dans nos sociétés ? Alors que l’impact positif de cette campagne est reconnu à l’étranger, la France semble freiner à l'heure d'un discours plus ouvert sur la sobriété (il est question ici d'un seul mois !).
Emmanuel Macron, défenseur de la tradition viticole et surtout - disons le - réceptif au lobbying, a choisi de ne pas faire du Dry January une priorité. Mais rien n’empêche les Français d’adopter cette démarche individuellement. Car, au-delà des discours officiels, il y a les actes, et le pouvoir de changer les habitudes reste et restera comme toujours entre les mains des citoyens.